Le fil rouge sur le bouton rouge…

Tout le monde connaît cette scène culte de « La septième compagnie » où le Colonel Blanchet s’en va plastiquer un pont pour retarder l’avancée allemande. Chemin faisant il répète l’instruction reçue en même temps que les explosifs : « le fil rouge sur le bouton rouge, le fil vert sur le bouton vert ». Mais arrivé à destination, il constate que les boutons ne sont ni rouge, ni vert.

La consigne était claire, mais pas applicable…

Les instructions et procédures ont depuis des années inondé les usines et ateliers. Malheureusement ces documents ne sont pas toujours applicables.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cela :

  • Les documents peuvent être indigestes quand ils ne sont pas conçus pour former les équipes mais dans le but de contenir tout le savoir disponible. Ils plairont alors éventuellement à un auditeur externe, mais seront difficilement utilisés au quotidien par les équipes opérationnelles.
  • Les documents ne sont pas toujours à jour : les processus changent, les façons de travailler évoluent, mais la documentation tarde à être adaptée en conséquence. Et moins celle-ci est utilisée au quotidien, plus la mise à jour tardera.
  • Lorsqu’elles sont rédigées sans concertation par des experts de services supports, les instructions et procédures peuvent contenir des consignes très éloignées de ce qui se fait en réalité sur le terrain.

Les consignes « sécurité » ne font pas exception. En quelques pages sont généralement concentrés tous les risques potentiels du poste de travail, les précautions à prendre, les marches à suivre en mode dégradé, les équipements de protection à porter, etc… Ces consignes sont bien rangées dans des classeurs qui ne sortent des étagères que lorsqu’un nouveau arrive et qu’on lui demande d’en prendre connaissance. Mais que va-t-il en retenir…

 

Voici deux bonnes pratiques efficaces pour transformer les consignes « sécurité » en véritables outils pédagogiques, faciles à utiliser pour le tuteur, faciles à comprendre pour la personne qui apprend :

La méthode SVP   (merci Jean Weber pour le partage)
La méthode SVP consiste à rédiger la consigne sous forme de questionnaire pour l’utiliser dans un premier temps comme support d’interview sur le terrain. Un collaborateur est chargé  d’interviewer ses collègues en préservant leur anonymat : les trois questions « est-ce-que tu Sais ? », « est-ce-que tu Veux le faire ? » et « est-ce-que tu Peux le faire, et si non, pourquoi ? » permettent en plusieurs tours d’interview de corriger la consigne.
A la fin du process SVP, les opérateurs savent, n’ont plus de raison de ne pas vouloir : ils ont, indirectement, validé la consigne. Cet outil efficace garantit une bonne communication et l’appropriation de la nouvelle règle mise en place.

La leçon en un point
Une leçon en un point (One Point Lesson en anglais) est un outil opérationnel très simple mais puissant utilisé pour former les opérateurs. A l’origine c’était un outil de Lean Management visant à améliorer la qualité des produits ou des services, mais l’outil est tout aussi puissant pour former les opérateurs aux consignes de sécurité :
Les points principaux d’une consigne sont décomposés en plusieurs OPL, chacune étant rédigée en une ou deux phrases, accompagnées de schémas explicatifs très simples. Une leçon type comporte 80 % de schémas pour 20 % de texte, et est expliquée en 10 minutes maximum, en collectif ou en individuel.
Souvent les managers souffrent de ne pas savoir quoi dire dans les « causeries sécurité » ou « 1/4 d’heure sécurité » que l’équipe HSE leur demande d’animer. Une banque de leçons en un point est une source inépuisable de sujets… d’autant que pour un impact maximal, je conseille de se concentrer sur un unique message simple pour chaque causerie.

 

Si d’autres bonnes pratiques vous viennent à l’esprit, faites-moi en part dans les commentaires, et je me ferai un plaisir de mettre à jour cet article.