Leadership sécurité : la curiosité n’est pas un vilain défaut

prévention des risques professionnels

 

J’ai pris cette surprenante photo dans mon village, sur le chantier d’un lotissement en construction.
Que fait donc cet homme, perché sur la pelleteuse, à 6 mètres au dessus du sol ?

Internet et les réseaux sociaux regorgent de photos « insolites », sur des travaux en hauteur acrobatiques,  des branchements électriques improbables, sans parler des Mac Gyver de l’EPI et des Rémy Julienne sur engins de manutention…

Imaginez que ce genre de chose se produise dans votre équipe, comment réagiriez-vous ?
Intervenir est bien sûr nécessaire, car fermer les yeux reviendrait à envoyer le message que le comportement en question est acceptable. Mais comment faut-il intervenir ?

La science du comportement définit la punition comme ce qui suit un comportement en vue d’en réduire son apparition dans le futur. Avec cette définition, la punition semble bien être la solution adaptée, car il est légitime de vouloir réduire un comportement qui finira tôt ou tard par un accident. Mais ce n’est pas si simple…

Erreur ou faute ?

Le professeur australien Sidney Dekker pointe du doigt dans son modèle « Just Culture » le fait que la majorité des comportements à risques arrivent pour une raison qu’il est possible de détecter si on les analyse objectivement. Le modèle divise les comportements à risques en deux grandes catégories : ceux issus d’une erreur et ceux issus d’une violation volontaire de règle :

  • L’erreur peut être due à une inattention momentanée (j’ai glissé, chef !), une règle pas claire ou inadaptée, ou une méconnaissance due par exemple à une lacune de formation.
  • La violation volontaire peut aussi avoir différentes origines : il peut bien sûr s’agir d’une décision consciente destinée à assouvir un besoin personnel (je veux rentrer plus tôt à la maison), mais aussi d’une violation due à une situation exceptionnelle (je franchis la ligne blanche continue car un camion en panne sur ma voie m’y oblige), ou encore d’une décision destinée à plaire à mon entourage (j’agis ainsi car je crois que c’est ce que l’entreprise attend de moi).

Soyez curieux

Poser la question « pourquoi agissez-vous ainsi ? », sans chercher à blâmer ou donner des leçons, mais plutôt en cherchant honnêtement à comprendre, permet à chaque fois de déceler les raisons cachées d’un comportement à risque.

Si nous doublions simplement le nombre de fois où nous demandons « pourquoi ? », avec une réelle envie d’apprendre, alors nous transformerions la culture sécurité de nos équipes.

Et mon escaladeur de pelleteuse ?

A votre avis, que faisait-il là-haut ? et qu’est-ce qui l’a motivé à prendre de tels risques ?