Noix de coco 1 – Requins 0

prévention des risques professionnels

Une légende urbaine raconte que les chutes de noix de coco provoquent chaque année 15 fois plus de décès que les attaques de requin.

Cette histoire est née en 2001 suite à un été particulièrement tragique sur les côtes de Floride, dont on a parlé comme « the summer of the sharks ». Interrogés par les journalistes, le spécialiste Georges Burgess a répondu, à la surprise générale, que la recrudescence des attaques était dû simplement a l’augmentation du nombre de personnes dans l’eau… et qu’il existait beaucoup de choses banales bien plus dangereuses que des requins. Parmi elles : les noix de coco ! Cette comparaison, reprise par les défenseurs des requins, a ensuite été diffusée sans vérification par de nombreux sites.

On peut douter de la véracité scientifique de l’argument. Pourtant, j’aime assez l’image que cette métaphore permet de véhiculer. Les statistiques françaises indiquent en effet que quelque soit l’industrie, les deux-tiers des accidents du travail sont dus à 3 origines principales : les manutentions dites manuelles, l’utilisation d’outillage à main et les chutes de plain-pied.

J’en retiens les leçons suivantes :

Ne pas se laisser abuser par l’évidence.
Les accidents surviennent principalement sur des activités qui sont communes à toutes les industries. Concentrer ses efforts de prévention uniquement sur les « risques caractéristiques » de son métier est un mauvais calcul : les accidents les plus fréquents dans une aciérie ne sont pas les brûlures, pas plus que les électrisations chez les électriciens… Pourquoi ? parce que les entreprises ont souvent développé une excellente maitrise de ces risques – les plus dangereux – et les salariés ont eux-mêmes développé une culture de métier forte sur ces sujets.

Il n’y a pas de fatalité.
La pyramide de Bird illustre la proportionnalité entre les accidents avec arrêt, les accidents sans arrêt, les soins, les presqu’accidents et les comportements à risques. Elle pointe du doigt l’importance de s’intéresser aux comportements à risques (le bas de la pyramide) pour diminuer les accidents (le haut de la pyramide). Mais il s’agit là de s’intéresser à tous les comportements, y compris les plus courants comme les déplacements, les manutentions de charge, l’utilisations d’outillages à main…

 

« Nous avons des accidents parce que notre activité est dangereuse » n’est donc pas un argument recevable, et s’intéresser aussi aux activités qui semblent « banales » est primordial pour baisser le nombre d’accidents.